Gérer ses émotions

J’ai encore pété un plomb… et si j’acceptais enfin mes émotions ?

Qui n’a jamais pété un plomb devant les cris de son enfant ?
Pour éviter que ça ne se reproduise, Bahia Bedjaoui va nous aider à accepter, à nous reconnecter et à gérer nos émotions afin d’éviter qu’elles ne nous submergent.

Bahia est coach parental. Elle a été formée à la méthode Faber & Mazlish et au coaching parental d’Isabelle Filliozat.
Retrouvez-la sur son site Parents apaisés.


Une maman qui est en colère après son enfant

Il y a encore pas si longtemps, quand j’étais agacée par le comportement d’un de mes enfants, j’avais tendance à me contenir pour être « bienveillante ». Et après m’être contenue une, deux, trois fois, je finissais invariablement par péter littéralement les plombs : je criais, je disais des choses horribles, je les isolais pour ne plus les voir… et ensuite, je culpabilisais et je me sentais nulle. Autant dire que j’étais bien loin de la maman bienveillante que je rêvais d’être.

Depuis, j’ai compris la raison de ces réactions disproportionnées : quand je réprimais mes émotions, elles finissaient par ressortir plus tard, en beaucoup plus fort.

J’étais « illettrée » émotionnellement

Comme beaucoup de personnes de ma génération et des précédentes, j’étais totalement illettrée en matière d’émotions.
Quand j’étais petite, j’entendais souvent :

Bahia est diplômee en émotions
Diplômée en émotions !
  • « T’es pas belle quand t’es en colère !« 
  • « Tu as peur à ton âge ?« 
  • « Tu vas pas pleurer, t’es pas un bébé !« 

Je suis certaine que vous avez déjà entendu ce type de phrases dans votre enfance !

Autant dire que les émotions ne sont pas les bienvenues dans notre culture. Elles sont vues comme un signe de faiblesse. On nous a plutôt encouragé à réprimer nos émotions pour être « fort(e) ».

Or, si vous réprimez une émotion, elle reste là enfouie tout au fond, et elle finit par faire mal soit :

  • aux autres parce que vous allez exploser de manière violente en criant, en disant des choses qui dépassent votre pensée, voir en tapant,
  • à vous-même : en faisant une dépression, un burn-out parental, des douleurs chroniques, une maladie…

Depuis que je me suis « alphabétisée », ça n’arrive presque plus

Ou en tout cas plus dans ces proportions !

Car aujourd’hui, je sais reconnaître l’émotion qui monte. Et je sais comment l’accueillir, l’exprimer et la gérer. Du coup, je n’explose plus.

Savez-vous qu’une récente étude belge sur le burn-out parental a montré qu’une formation de 18h aux compétences émotionnelles, diminuait le stress des parents de 25 à 40 % !

Et ce qui est génial, c’est que les enfants apprennent en même temps que nous ! Vous savez que nous, parents, sommes leur premier modèle et qu’ils nous imitent en tout ? Et bien, en sachant gérer nos émotions correctement, nous leur montrons comment faire. Et ça c’est un super cadeau qu’on leur fait pour leur vie actuelle et future.

Alors ça vous dit d’apprendre à gérer vos émotions ?

Petit guide pour apprendre à gérer vos émotions

Pour apprendre à gérer ses émotions, on doit d’abord reconnaître l’émotion qui monte en nous. Or, on nous a tellement appris à réprimer nos émotions qu’on ne sait plus les reconnaître. Suivez le guide…

1/ C’est quoi une émotion ?

Petites boules représentant les émotions

Il existe 8 émotions primaires : la peur, la colère, la tristesse, l’amour, la joie, la surprise, le dégoût et la honte.

On reconnaît une émotion aux caractéristiques suivantes :

  1. C’est une réaction physiologique. On la sens dans son corps : cœur qui bat vite, mains moites, boule au ventre, mâchoire crispée…
  2. Elle nous permet de nous adapter à notre environnement : événement particulier, dangers… Les émotions existent depuis toujours et ont permis à l’espèce humaine de survivre et d’être encore là aujourd’hui.
  3. Chaque émotion a un déclencheur spécifique. Par exemple, la colère est déclenchée par la frustration ou l’injustice. La tristesse par la perte…
  4. Elle s’inscrit toujours dans le présent. La réaction émotionnelle ne dure pas plus de quelques minutes.

C’est bien ou c’est mal les émotions ?

J’entends souvent des personnes qualifier certaines émotions comme la colère ou la tristesse d’émotion « négative » et ça a le don de m’agacer 😡

Car il n’y pas d’émotions positives ou négatives, elles sont toutes utiles et ont toutes une fonction.
Par exemple :

> La peur
permet d’anticiper, de se préparer, de survivre et d’assurer sa protection. Quand je vois un danger c’est la peur qui envoie à mon cerveau l’ordre de mobiliser mes muscles pour courir et fuir le danger !

> La colère
me permet d’établir mes limites, de restaurer mon intégrité. Quand un collègue m’accuse injustement de lui avoir chipé un client et qu’il va s’en plaindre au patron, la colère me permet de ne pas me laisser faire, de me faire respecter.

> La tristesse
me permet d’accepter le deuil et la perte

> La honte (saine)
permet d’éviter de blesser autrui et invite à la réparation.

Femme respire calmement
Respirer : une des clés pour se calmer

2/ Reconnaître votre émotion

Comme je l’expliquais plus haut, une émotion c’est physiologique. Donc, pour la reconnaître, il faut prêter attention à ce qui se passe dans votre corps : accélération cardiaque, sensation de chaleur, poings serrés, tension dans la mâchoire, froid, estomac serré…
Chaque émotion est associée à des sensations physiques.

3/ Acceptez et nommez votre émotion

A chaque fois que vous ressentez une ces sensations, arrêtez-vous quelques secondes pour la ressentir pleinement et l’accepter : « OK, je ressens bien une émotion là ».

Puis verbalisez vos sensations (à voix haute ou non) : « je sens mon cœur qui bat plus vite, ma mâchoire qui se crispe, mes bras qui se tendent… ».

Le fait de verbaliser ses sensations permet de se centrer sur soi et non sur l’autre. Le cerveau ne disjoncte pas en mode automatique. Pour en savoir plus sur le fonctionnement du cerveau en cas de crise, voici une vidéo que j’ai fait sur les crises des enfants (le cerveau disjoncte aussi chez les adultes quand on pète un plomb !).

Ensuite, mettez un nom sur votre émotion. C’est de la colère ? C’est OK. Cela signifie que vous vivez la situation comme une frustration ou de l’injustice. Votre colère est légitime.

Mère et son fils en pleine discussion
Parler pour exprimer ce que l’on ressent est important

4/ Exprimez votre émotion de manière adaptée

Ce qui nous fait peur dans la colère c’est qu’on a tendance à l’exprimer de manière disproportionnée. A force de la réprimer, on bascule dans la violence. Or, il est tout à fait légitime d’exprimer sainement sa colère à l’autre « quand je vois cette eau répandue sur le sol, ça me met en colère parce que je sais que je vais devoir nettoyer ».

Si c’est trop fort, isolez-vous : respirez lentement par le ventre plusieurs fois ou faites de grands mouvement pour libérer les tensions.

Si le sujet vous intéresse, je vous invite à lire ma série d’articles « Pourquoi j’ai pété un plomb : le défi des émotions »

Imaginez un monde où tout le monde serait alphabétisé…

Reconnaître, accepter et prendre soin de ses émotions est un défi quotidien. C’est aussi un enjeu majeur de pacification de la société.

Imaginez si nos enfants, une fois adultes, savaient exprimer calmement et fermement leur colère pour se protéger ou protéger les autres des injustices ? La vie serait tellement plus douce pour tout le monde…

Alors lancez-vous !

Si vous êtes intéressé, j’anime des ateliers Filliozat « Accueil et accompagnement des émotions » dont vous pouvez voir le programme ici.
Vous pouvez aussi voir un extrait de ma dernière conférence en ligne « Comment devenir une maman sereine et joyeuse ? », où j’aborde le sujet du stress parental.

Bahia

> Continuer la lecture avec l’article Aider votre enfant à retrouver calme et sérénité

Parce qu’il n’y a pas que les parents à être débordés par leurs émotions, je vous conseille la lecture du livre Au coeur des émotions de l’enfant (Isabelle Filliozat, lire mon avis)

Livre Au coeur des émotions de l'enfant

Guide Accompagnez le développement de votre bébé étape par étape

Téléchargez gratuitement le guide

Accompagnez le développement de votre bébé étape par étape

  • Accompagnez le développement de votre enfant de la naissance à 18 mois en suivant les principes de l'éducation positive
  • Des idées de jeux adaptés à chaque âge
  • Nos meilleurs conseils pour chaque tranche d'âge (0-6, 6,12, 12-18)
  • Les 9 erreurs à éviter
Je le veux !

Laisser un commentaire