Enfants en colère

Comment réagir lorsque mon bébé m’énerve


  1. Il est 8h, j’ai laissé Gabrielle dormir tard ce matin car elle est fatigué. Maintenant, je suis pressé et au lieu de de s’habiller comme je lui demande, elle joue et crie dès que je veux lui enfiler un t-shirt.
  2. Il est 18h, ce soir, Gabrielle a voulu rentrer à pied de chez la nounou. On est à mi chemin lorsqu’elle s’arrête sur le côté et ne veut ni repartir ni venir dans mes bras. Je suis fatigué et n’ai qu’une envie, rentrer et lui donner le bain.
  3. Il est 8h30, on devrait déjà être parti chez la nounou depuis 20 minutes. Ce matin, on a joué longtemps ensemble et alors que maintenant c’est le moment de mettre les chaussures Gabrielle court partout. Je commence à m’impatienter

Toutes ces situations, je les ai vécu et j’en vivrai encore bien d’autres du même genre.
Malheureusement, tout n’est pas toujours rose et il faut savoir composer avec ces moments un peu difficiles où nos besoins et ceux de notre enfant ne sont pas les mêmes.

Quel comportement adopter lorsque mon bébé m’énerve ?
Comment ne pas s’énerver dans ces moments où il ne veut pas coopérer ?
Comment réagir et ne pas imposer sa volonté au plus petit ?

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Oui, je les veux !

A travers des exemples tirés du livre Au coeur des émotions de l’enfant d’Isabelle Filliozat, nous allons comprendre comment réagir à l’énervement.

Éviter de telles situations

Tout d’abord, j’aurai pu mieux appréhender ces situations et m’organiser pour ne pas être pressé par le temps.
Par exemple, réveiller Gabrielle plus tôt, accélérer le petit déjeuner pour réserver plus de temps à l’habillement et au jeu, être moins stressé par l’horaire, etc… Bref, m’organiser un peu mieux !

Pour ne pas avoir à composer avec des besoins différents, essayez de faire en sorte que cela n’arrive pas.

Identifier la cause de votre colère

Il est important d’identifier la cause de la colère pour comprendre pourquoi vous êtes énervé. Votre enfant a déclenché votre colère mais sa cause est plus profonde. Son comportement a seulement été la goutte qui a fait déborder le vase.

  • Peut-être avez-vous peur d’arriver en retard au travail comme moi dans la 1ère situation au début de l’article ?
  • Est-ce que vous avez l’impression de toujours tout faire à la maison et vous êtes en colère contre votre conjoint qui se la coule douce ?
  • Votre travail vous stresse et vous ne le supportez plus ?
  • Est-ce que vous vous êtes disputés avec un ami ?

Une fois que vous avez identifier la cause réelle de votre énervement, deux possibilités s’offrent à vous : votre colère concerne votre enfant ou elle ne le concerne pas.

Si votre colère n’est pas en relation avec votre enfant

Dans ce cas, votre enfant n’a pas à subir votre énervement. Vous êtes énervé mais lui n’y est pour rien.
Pour faire baisser la tension et se calmer, rien de tel que de crier (un peu comme la cocotte minute fait baisser sa pression en rejetant de la vapeur 🙂 ).
Si vous le pouvez, isolez vous dans une pièce et criez ! Criez votre colère contre votre patron, votre conjoint, le mauvais temps, contre tout ce que vous voulez.
Mais ne criez jamais contre votre enfant, il n’y est pour rien. Il est simplement là, à côté de vous dans votre moment d’énervement.
Avant de vous éclipser pour crier, prévenez votre enfant. Dites lui “Papa est énervé car (raison pour laquelle vous êtes énervé), j’ai besoin de m’isoler quelques instants pour me calmer. Je vais crier, cela me permettra de me sentir mieux”.

Papa criant sa colère

Papa criant sa colère

Une fois fini, parlez à votre enfant. Demandez lui ce qu’il a ressenti lorsqu’il vous a entendu. A-t-il a eu peur ?
S’il pense que c’est à cause de lui, corrigez le, expliquez lui la vraie raison de votre colère même si elle concerne un être cher. Il vaut mieux préserver l’image que votre enfant a de lui-même.
Par exemple, pour la 2ème situation du début de l’article :

Je me suis mis en colère lorsque tu as refusé de continuer à marcher mais c’était seulement une contrariété de plus. J’étais déjà énervé car j’ai eu une journée difficile au travail. Ça arrive à tout le monde d’être fatigué et de vouloir faire une pause. Le chemin est long jusqu’à chez nous.

Si votre colère est en relation avec votre enfant

Si par contre, c’est le comportement de votre enfant qui vous a mis en colère, vous devez lui faire part de vos sentiments, lui expliquer pourquoi son attitude vous met hors de vous.
Pour cela, Isabelle Filliozat conseille d’utiliser une phrase type permettant de formuler ce que nous ressentons et en quoi le comportement de notre enfant nous gêne. Cette technique est issue de la Communication NonViolente (CNV) élaborée par Marshall B. Rosenberg.

Quand tu… (comportement précis de l’autre)
je ressens… (mon émotion, mon sentiment)
parce que je… (mon besoin)
et je te demande de… (demande précise de comportement ici et maintenant qui me permette de réparer la relation avec l’autre)
de façon à ce que… (motivation pour l’autre)

Le livre donne pour exemple

Quand tu me demandes des pâtes, que je les cuis pour toi et que tu ne les manges pas,
je ressens de la colère
parce que je fais la cuisine pour toi et j’ai besoin que ce soit utile,
et je te demande de comprendre ce que je ressens quand je fais quelque chose pour toi et que tu ne le veux plus,
de façon à ce que je continue d’avoir envie de te faire ce que tu me demandes.

Lorsque vous formulez cette phrase, il faut éviter la généralisation et indiquer précisément ce qui nous gêne en ce moment dans le comportement de l’autre. On arrive vite à des toujours et jamais (j’en sais quelque chose, je suis un spécialiste !) : tu ne ranges jamais tes affaires, je m’occupe toujours de faire la lessive, etc…

Réussir à mettre des mots sur nos sentiments est également difficile. On pourrait être tenté de mettre une émotion à la place d’une autre : Quand tu ne m’appelles pas alors que tu l’as promis je suis en colère au lieu de Quand tu ne m’appelles pas alors que tu l’as promis je suis inquiet qu’il ne te soit arrivé malheur.

Se calmer

Voilà également quelques trucs et astuces pour essayer de se calmer et faire baisser la tension en vous :

  1. Respirez profondément.
  2. Rappelez vous combien vous aimez votre enfant. Pensez à des souvenirs heureux comme sa naissance, ses premiers pas, son premier mot ou le dernier fou rire que vous avez eu ensemble.
    Rien de tel pour relativiser la situation !
  3. Si la rage monte quand même, rappelez vous que vous avez le droit d’être en colère contre lui mais que vous n’avez pas le droit de le frapper.
  4. Mettez vous à la place de votre enfant. Essayez de vous rappeler ce que vous ressentiez au même âge. Cela vous permettra de mieux comprendre sa réaction.
  5. Si vous le pouvez, passez le relais à votre conjoint ou à un(e) ami(e)

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Photo de couverture « Duel » par Tintin44 (https://flic.kr/p/7nQK57)


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Je le veux !

9 comments

  • Elisabeth

    Bonjour ou bonsoir. Je trouve ça super comme idée car je peux m’occuper de mes fils ou faire autre chose tout en écoutant et surtout que mon mari puisse le faire car il n’aime lire ce genre de sujet (éducation positive, bienveillance ….) et comme on est pas toujours d’accord ça lui permet d’écouter sans ma présence et qu’on en discute ensemble à têtes reposées. Merci pour vos idées et prise de temps pour cela.

  • SENE

    Bonjour, merci pour cet article. Pratiquant la CNV et ayant assisté à plusieurs formations, je suis un peu ennuyé avec les exemples de formulation que vous avez utilisé. En effet, surtout au niveau de la demande, celle ci doit etre concrète et là « je te demande de comprendre » ou « je te demande d’entendre mes sentiments », oups, cela ne me convient pas, ne me parait pas être dans le sens de ce que M. Rosenberg souhaitait apporter.
    De même « je me sens perdant » ne me semble pas refleter un besoin mais plutôt un ressenti et enfin « quand tu ne veux pas mettre tes chaussures » va au delà de l’observation et amène une intention à l’enfant. La CNV est un exercice exigeant et moi même je m’embrouille souvent. De plus, la CNV nous apprend, qu’il est important d’écouter l’autre et ses besoins ainsi que d’écouter en nous notre besoin pour pouvoir nous connecter avant de demander quelque chose. Mon objectif dans ces situations serait déjà d’arriver à me connecter à l’enfant.
    Je reformulerais ainsi :
    (avant ça, je fait un petit tour en moi, et je me dit : je me sens en colère quand elle cours comme ça, j’ai besoin de collaboration, j’ai besoin de paix, de calme, j »ai besoin de faire un meilleur usage de mon temps. OK, ce sont mes besoins à moi, je repère où et avec qui je peux y répondre pour ne pas les faire porter sur mon enfant; collaboration : avec mes collègues, paix : lors de mon heure de yoga, meilleur usage de mon temps : je vais revoir mon organisation; comme j’ai reconnu mes besoins, je suis plus apaisée) et je peux me connecter : Quand tu cours dans la maison, tu as l’air d’être toute excitée et joyeuse, tu as l’air d’avoir besoin de mouvement. Surement que tu te rappelles tous nos jeux de ce matin et que tu aimerais que ça dure toute la journée. Peut-etre meme que tu t’imagines déjà la journée chez nounou et tu aimerais y être déjà. Tu viens me raconter ce que tu vas faire pour te défouler chez nounou? Je vais t’aider à mettre tes chaussures pendant que tu me racontes.
    Bon, de toute manière je n’ai pas le temps de penser à tout ça quand ça arrive puisque je suis pressée lol, donc je fais au mieux. 😉

    • Antoine

      Merci pour ce commentaire très constructif !
      Je vais enlever mon exemple qui était mal formuler pour ne laisser que celui proposé par Isabelle Filliozat même si pour vous il n’est pas idéal non plus.

      La CNV n’est pas évidente à utiliser, j’ai du boulot avant d’y arriver correctement…
      J’aime beaucoup votre formulation, c’est un très bon exemple mais c’est sûr que de penser à tout cela dans un moment de stress est difficile 🙂

      Merci

  • sarah

    Principe super et adapté selon le temps que l’on a. J’ai pu en faisant la cuisine revoir les principes que j’avais lus durant les 21 j de parents positifs, enfants réceptifs. Et mine de rien mon conjoint écoute alors qu’il ne voulait pas jouer le jeu lors des 21j. Merci pour vos conseils

    • Antoine

      Merci
      Content que ça vous plaise. C’est vraiment le but que tout le monde puisse profiter du blog selon ses envies et ses disponibilités

  • Helene

    Bonjour,

    Bravo pour cet article. Il est tres difficile de faire descendre la pression alors qu’elle monte tres facilement ! Je suis maman de 3 enfants de 2 a 6 ans et ce n’est pas toujours rose. La ou c’est le plus difficile pour moi c’est quand j’en ai 2 ou 3 qui me contrarient en meme temps. 1 je peux gerer, je me rappelle les methodes de discipline positive, et autre conseils glanes sur les blogs tres utiles comme le votre et generalement ca se passe plutot bien.

    Par contre quand j’en ai plusieurs en crise/rebellion en meme temps la je suis completement demunie, je me decourage en une demie seconde et suis tentee de crier ou meme punir. Depuis quelques temps j’arrive a m’eclipser en disant :  » Maman est en colere contre vous car vous ne m’ecoutez pas et j’ai besoin de m’eloigner car sinon j’ai peur de vous crier dessus ou vous punir alors que je n’en ai pas envie… » .

    Je ne suis pas sure que ca fasse avancer les choses mais au moins ca me permet de ne pas craquer (hurler / punir / parler mechamment). il me reste quelques efforts a faire pour decrire ce qui m’ennerve et leur dire mes sentiments et ensuite je serai a la hauteur de la phrase type !!!!

    Merci pour votre partage

  • Anna

    Bonjour!

    Article très intéressant, clair et concis. Maman de 6 enfants (de 1 à 13 ans) je confirme que rien ne sert de s’énerver tout le temps 🙂 sinon notre niveau d’énergie baisse, l’ambiance est électrique et tout le monde se retrouve dans des émotions toxiques (colère ou agressivité pour les uns, tristesse ou culpabilité pour les autres).

    Par contre, la phrase-type élaborée par Marshall B. Rosenberg., je la trouve un peu longue. Avec 6 enfants, pas le temps de s’embarquer dans de longs discours tout le temps . Ca me parait utopique de répondre constamment de cette façon, mais intéressant de le faire parfois. Ou alors, donner une réponse plus concise .

    Bon courage pour l’éducation de votre puce 🙂

    • Antoine

      Bonjour Anna,

      merci pour ton commentaire.
      C’est vrai que la phrase type est assez longue et difficile à formuler lorsque l’on en a pas l’habitude (j’ai moi aussi des difficultés pour formuler correctement ce que je ressens et donc du mal à utiliser cette phrase). Mais elle a l’avantage de faire comprendre clairement à l’enfant en quoi son comportement nous dérange et pourquoi.
      Je suis tout à faire d’accord qu’avec 6 enfants (!) on n’a pas autant de temps pour les explications qu’avec 1 seul.

      Bonne journée

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