Éduquer sans punir

Éduquer sans punir (2ème partie)

Chronique et résumé du livre Éduquer sans punir

Cet article est la seconde partie de la chronique du livre Éduquer sans punir. Pour lire la chronique complète, rendez-vous sur la première partie de Éduquer sans punir.

Phrase résumé du livre : Nous savons aujourd’hui, grâce à de nombreuses études, que les punitions sont nocives pour l’enfant. Pourtant, la discipline reste la principale préoccupation des éducateurs. L’autodiscipline est la méthode qui satisfait parents et enfants en diminuant les troubles physiques et physiologiques et en augmentant notamment l’estime de soi.

Éduquer sans punir de Thomas Gordon, 2003, 256 pages

Éduquer sans punir

Ayez toujours les notions clés de l'éducation positive avec vous pour ne plus jamais être perdu face aux réactions de votre enfant !

Grâce à ses 15 fiches pratiques vous apprendrez à sortir du rapport de force, résoudre les conflits, réagir aux colères, trouver des alternatives aux punitions... et bien d'autres choses !

Oui, je les veux !

Deuxième partie : Des options pour développer l’autodiscipline chez les enfants

6. Des méthodes pour amener les enfants à modifier leur comportement sans les contrôler

Il n’existe pas seulement deux méthodes d’éducation. Vous pouvez choisir de n’être ni autoritaire ni permissif. Cette alternative “s’applique à faciliter, conseiller, écouter, comprendre, négocier, aider et résoudre le problème.” Mais pour l’utiliser il faut arrêter de penser que les enfants se conduisent mal. Selon Thomas Gordon “ce sont les effets du comportement de l’enfant sur l’adulte qui sont jugés mauvais […] et non le comportement en tant que tel.”

Lorsqu’il y a un problème entre l’adulte et l’enfant, la première étape consiste à trouver à qui il appartient. Il existe 3 possibilités :

  1. Le problème appartient à l’enfant. Par exemple, l’enfant est déçu d’avoir eu une mauvaise note à un contrôle.
  2. Le problème appartient à l’adulte. Par exemple, l’enfant joue bruyamment alors que l’adulte aimerait lire son livre en silence.
  3. Le comportement de l’enfant ne pose problème ni à l’enfant ni à l’adulte.

Si le problème appartient à l’adulte, Thomas Gordon propose plusieurs possibilités :

  • Découvrir le besoin de l’enfant. L’enfant ne cherche pas à énerver les adultes mais à satisfaire un besoin. Trouver ce dont il s’agit vous aidera à le combler.
  • Modifier l’environnement. Par exemple, mettre en hauteur les objets fragiles ou utiliser des verres incassables pour votre bébé.
  • Émette un message “je” de confrontation. Contrairement au message “tu” qui accuse l’autre, le message “je” exprime ce que je ressens face à une situation. Il n’exprime ni reproche ni jugement. Par exemple, “j’étais très inquiet de voir que tu n’étais pas rentré à l’heure prévue.”
  • Émettre un message “je” de prévention. Ce message demande à l’autre d’adopter un comportement particulier afin de satisfaire un besoin. Expliquer son besoin permet de faire comprendre à l’autre en quoi la demande est importante.
  • Écouter l’enfant pour désamorcer sa réaction émotive. Le message “je” peut dérouter l’enfant, il n’est jamais agréable d’entendre que notre comportement gêne. Dans ces cas là, écouter les sentiments de l’autre aidera à trouver une solution qui satisfait les deux parties.
  • Résoudre le conflit par une solution gagnant-gagnant. Le message “je” peut ne pas être entendu par l’enfant. Dans ce cas, cherchez ensemble une solution qui satisfait tout le monde.
  • En colère, identifier le “sentiment premier”. La colère cache souvent un autre sentiment comme la peur ou la tristesse, essayons de s’y reconnecter.

7. De nouvelles façons de gouverner les familles et les classes

De nombreuses études ont déjà démontrées l’efficacité du travail en équipe. Il est également prouvé qu’un environnement démocratique, qui induit la participation des élèves aux décisions de l’enseignement, amène moins de problèmes comportementaux et d’absentéisme.
Bien sûr, les enfants ont besoin de règles. Elles permettent de définir les droits et devoirs de chacun afin de ne pas tomber dans le chaos. Mais la façon dont les règles sont établies est primordiale. Pour Thomas Gordon, les règles doivent être établies conjointement entre les adultes et les enfants.

Lors d’un conflit, la plupart des parents impose leur volonté ou cède face à celle de l’enfant. Dans le premier cas, l’enfant résiste et proteste contre cette solution qui lui est imposée puis fait tout pour ne pas l’appliquer. Petit à petit cet enfant se détachera de ses parents qui ne prennent pas en compte ce qu’il ressent.
Dans le deuxième cas, l’adulte cède car l’enfant n’accepte pas sa solution. Les besoins de l’adulte sont sacrifiés au profit de ceux de l’enfant qui grandira avec le sentiment d’être plus important que les autres.

Pour assainir les conflits et perdre cet esprit gagnant/perdant, Thomas Gordon a créé une méthode gagnant/gagnant divisée en 6 étapes.
Toutes les personnes impliquées sont invitées à se réunir pour trouver ensemble une solution qui leur convienne à tous. Voici les étapes :

  1. Identifier le problème.
  2. Énumérer les solutions possibles. Toutes les idées sont notées sans jugement. Chacun peut proposer ce qu’il pense.
  3. Évaluer les solutions. Les solutions proposées sont évaluées par tout le monde. Celles qui ne plaisent pas à tous sont écartées.
  4. Une des solutions restantes est choisie. Tout le monde doit être d’accord avec ce choix.
  5. Appliquer la solution. La solution choisie est appliquée selon les termes définis pendant quelques jours / semaines.
  6. Après un certain temps, tout le monde se réunit pour vérifier que la solution convient toujours à tous.

Ce n’est pas une méthode miracle et il faudra du temps pour bien la maîtriser. L’important est que tout le monde soit écouté et les besoins de chacun respectés.
Découvrez notre expérience de résolution de conflit 😉

8. Aider les enfants à résoudre eux-mêmes leur leurs problèmes

Cette méthode de résolution de conflit est efficace entre un parent et son enfant mais également entre deux enfants. Un enfant sera d’ailleurs plus enclin à vous écouter lorsque son comportement vous gêne si vous l’avait auparavant aidé à résoudre ses propres problèmes.
Cela ne signifie pas résoudre le problème à sa place mais l’écouter et l’aiguiller s’il n’y arrive pas seul.

Pour aider quelqu’un à changer il faut d’abord l’accepter tel qu’il est. Pour cela il faut éviter de faire la morale, conseiller, juger, critiquer, complimenter ou encore rassurer. Tout ceci nous dit Thomas Gordon fait parti du langage de la non-acceptation. Pour montrer à quelqu’un qu’on l’accepte, il y a 3 attitudes à notre disposition : la non-intervention, l’écoute attentive et l’écoute active.

9. L’écoute active : le procédé de relations humaines tout usage

L’écoute active montre à l’enfant qu’on l’accepte.
L’adulte écoute le message de l’enfant sans intervenir et le restitue avec ses propres mots afin de montrer et de vérifier qu’il a bien compris.
Cette forme d’écoute facilite la communication entre deux personnes, véhicule l’acceptation et le respect. Grâce à ces valeurs, elle incite à parler, à réfléchir et crée une ambiance propice au dialogue et au débat d’idées sans jugement. Cela en fait un outil idéal pour les discussions de groupe à l’école. Un professeur utilisant l’écoute active entretiendra une relation basée sur la confiance, le respect mutuel et l’acceptation avec ses élèves.
Des études ont démontré que la relation enseignant – élève joue un rôle primordial dans la qualité de l’apprentissage.

10. Les neuf mythes qui nous empêchent de changer

9 mythes empêchent certains parents de se détacher des méthodes d’éducation fondées sur le pouvoir et d’évoluer vers une relation plus saine.
Voici la liste telle que la livre Thomas Gordon :

  1. La crainte de “gâter” les enfants.
  2. Les enfants sont méchants
  3. Les conflits entre adultes et enfants sont insolubles
  4. La discipline punitive s’appuie sur la Bible
  5. La permissivité est la cause de tous les maux
  6. Une attitude démocratique ne mène nulle part
  7. Être parent ou enseignant ne s’apprend pas dans une formation
  8. Nous avons été élevés comme ça et nous réussissons bien !
  9. À l’école, on a besoin d’une discipline rigoureuse

Comme nous l’avons vu tout au long de cet article, ces affirmations sont infondées et totalement fausse dès lors que l’on arrête de penser en terme de pouvoir. La coopération et la communication sont au cœur de la pédagogie du Dr Gordon. Si les parents arrêtent d’user de la force, des châtiments et des récompenses et les remplacent par l’écoute et l’empathie il n’y a aucune raison que ces mythes deviennent réalité.

11. Les relations démocratiques sont sources de santé et de bien-être

Thomas Gordon termine son livre en citant plusieurs études qui appuient le fait que les relations démocratiques au sein d’un groupe, que ce soit en famille, à l’école, au travail ou au niveau d’un pays “sont des facteurs de “santé” et de “bien-être”” 🙂

Conclusion

Avec ce livre Thomas Gordon répond à l’une des problématiques principales de tout parent : comment faire en sorte de modifier le comportement de son enfant sans le contrôler. Cette démarche passe par la compréhension et le respect des besoins de chacun.
Combinées, toutes les techniques décrites dans le livre permettent de vivre en harmonie. Même s’il y aura toujours des conflits, vous savez maintenant les prévenir et les résoudre en respectant les besoins de chacun !

Points positifs

  • Livre clair et efficace
  • Beaucoup d’exemples tirés de l’expérience de l’auteur
  • De nombreuses études étayent les propos de Thomas Gordon
  • La première partie explique en détail ce qu’est la discipline afin de bien comprendre le contexte actuel
  • Livre engagé contre l’autoritarisme et la permissivité

Points négatifs

  • Un peu trop de “pub” pour la formation Parents efficaces
  • Beaucoup de redite du livre Parents efficaces. Si vous l’avez déjà, Éduquer sans punir n’est pas indispensable

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Je le veux !

2 comments

  • Marlène Will

    Bonjour

    je suis éducatrice dans une crèche avec des enfants de 1 à 3 ans et je trouve difficile lorsqu’un enfant mord régulièrement les autres enfants de ne pas le punir.
    J’ai l’impression que demander à l’enfant de s’asseoir , dos au mur pendant 3 minutes permet à l’enfant de comprendre que son comportement est inadapté car il ne lui permet pas de continuer à jouer.
    J’ai essayé beaucoup de méthodes : discussions, anneaux de dentitions, observer l’enfant pour désamorcer la situation avant qu’il ne morde, mais ça n’a pas fonctionné. Mordre est une phase que beaucoup d’enfants entre 1 et 3 ans ont. On répète que ça s’arrête lorsque l’enfant commence à parler, qu’il peut exprimer son désir pour un jouet particulier ou que c’est parce que l’enfant à mal aux dents. Mais entre 16 et 24 mois, la phase peut durer longtemps et il est difficile de protéger les autres enfants.
    Que conseillez vous dans le cadre de l’éducation positive?

    De même lorsqu’un enfant frappe un autre enfant ou est agressif envers un autre enfant, comment réagir au mieux avec l’éducation positive? Doit on forcer l’enfant à s’excuser si même après discussions et explications, il ne le veut pas?

    Je n’ai pas trouvé d’articles sur le thème « comment réagir à la violence entre enfants avec des touts petits ?

    • Antoine

      Bonjour Marlène,

      je comprend tout à fait qu’en crèche il n’est pas facile de passer du temps avec chaque enfant ayant un comportement inapproprié.
      Il est sûr que faire s’asseoir un enfant dans un coin peut le calmer, et même lui faire éviter de recommencer pendant un certain temps, car, comme vous le dites, il est privé de ce qu’il veut : jouer.
      C’est la même chose avec une fessée. L’enfant ne recommence pas car il n’a pas envie de recevoir une nouvelle fessée.

      Pour autant, est-ce qu’il comprend pourquoi il est puni ? Et surtout est-ce qu’il arrêtera de mordre son copain parce qu’il a compris que son copain avait eu mal ou seulement parce qu’il veut éviter la punition ?

      Personnellement, en tant que papa je souhaite inculquer des valeurs à mes enfants, je ne veux pas qu’il m’obéisse car je suis le père, que je suis le plus fort et que je veux qu’ils m’obéissent (sinon que se passera-t-il lorsque mon fils sera plus grand et plus fort ? Que se passera-t-il lorsque ma fille quittera la maison ?)
      Je veux leurs inculquer des valeurs auxquelles je crois et je souhaite leur faire partager mes valeurs. Et cela ne peut pas se faire avec des punitions.

      Donc à la place des punitions on fait quoi ?
      Une méthode efficace est de proposer des alternatives. Si l’enfant mord pour jouer vous pouvez par exemple lui dire « Thomas n’a pas l’air d’aimer se faire mordre. Tu peux jouer avec lui à la balle, c’est plus marrant« .

      Si vraiment l’autre enfant a mal, vous pouvez faire remarquer au premier les conséquences de ses actes : « Regarde, Thomas n’a pas l’air d’aimer avoir été mordu, il pleure. Que penses-tu qu’il ressente ? » puis « Que peux-tu faire pour qu’il se sente mieux ? »
      L’enfant ayant mordu devrait se rendre compte des effets de son comportement, et ressentir de l’empathie pour l’autre enfant.

      Pour d’autres alternatives aux punitions, je vous laisse lire « 10 alternatives à la punition »
      Et concernant l’effet des punitions sur les enfants, ces 6 citations sont très parlantes

      Forcer un enfant à s’excuser est inutile car il ne sera pas vraiment désolé. Il sera au contraire en colère d’avoir été obligé de s’excuser.
      De la même manière que précédemment vous pouvez montrer à l’enfant les conséquences de son comportement.

      J’espère que ces quelques idées vont aideront.
      À bientôt
      Antoine

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