La figure d’attachement (ou pourquoi mon enfant fait des crises avec moi et est tout mignon avec la nounou ?)

Vous allez chercher votre enfant chez la nounou. D’après elle, il a été “sage” toute la journée et à peine êtes-vous sorti de chez elle qu’il pique une crise car il ne veut pas rentrer à la maison.

Vos parents gardent les enfants pour les vacances. Ils sont “sages comme des images” et font tout ce qu’ils leurs disent. Mais lorsque vous récupérez, ils se roulent par terre car ils ne veulent pas monter dans la voiture.

Vous sortez en amoureux pour la première fois depuis un an, inquiète (inquiet) car votre bébé n’arrive pas à s’endormir sans vous d’habitude. Lorsque vous rentrez vous apprenez qu’il s’est endormi en quelques secondes.

Ces situations vous parlent ? En fait, elles doivent parler à à peu près tous les parents.
Vous n’êtes pas seul(e) !

Ces situations, même si elles sont vraiment agaçantes à vivre en tant que parent, sont normales et saines. Non, nous ne sommes pas de mauvais parents dont les enfants préfèrent la nounou, le voisin ou la baby-sitter !

Ouf !

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Oui, je les veux !

La figure d’attachement, kézako ?

Depuis sa naissance, l’enfant crée avec la personne qui s’occupe le plus de lui, un lien d’attachement très étroit. Cette personne est sa figure d’attachement.
Il ne faut pas se mentir, il s’agit généralement de la mère. Mais cela peut aussi être le père, la grand-mère, le grand-père, une oncle ou une tante… tout dépend de qui s’occupe le plus du bébé, lui parle, lui fait des sourires, répond à ses babillages…

En fait, toute personne ayant des interactions animées et durables dans le temps avec le bébé et qui répond facilement à ses signaux peut devenir une figure d’attachement.

Car oui, il n’y a pas une figure d’attachement unique mais plusieurs, hiérarchisées.
Par exemple, la mère peut être la figure d’attachement principale, la personne la plus importante pour le bébé. Le père, les grands-parents, la nounou… des figures d’attachement secondaires.

John Bowlby, qui a développé la théorie de l’attachement, a défini 5 comportements facilitant cet attachement.
Par les pleurs et les sourires, le bébé cherche à interpeller. La personne répondant à ces sollicitations pourra devenir une figure d’attachement.
Il peut aussi appeler par des petits cris, puis plus tard par le nom.
L’enfant poursuit et agrippe pour se rapprocher et favoriser le lien d’attachement.
De même que par la succion non nutritionnelle.

La figure d’attachement remplit le réservoir affectif

Chaque enfant – tout le monde en fait – a ce qu’on peut appeler un réservoir affectif.

Il s’agit tout simplement de notre besoin d’affection.
Celui-ci peut-être plus ou moins rempli. Cela dépend de nos interactions avec les personnes que l’on aime.

Donc, chaque enfant a un réservoir affectif. Et chaque enfant se sent bien lorsque son réservoir est rempli. Dans le cas contraire il devient colérique, insatisfait ou se renferme sur lui-même.

Et comme vous l’avez peut-être deviné, c’est grâce à sa figure d’attachement que l’enfant remplit son réservoir affectif. C’est pourquoi il est important de passer chaque jour, quelques minutes avec son enfant.
Le temps passé compte moins que la qualité du moment. Dis plus clairement : il vaut mieux passer 10 minutes exclusivement concentré sur son enfant (pas de portable, télé, radio) que 30 minutes en faisant autre chose en même temps 😉

Chez nous, Carole joue chaque jour avec notre fille Gabrielle lorsqu’elle rentre de l’école. Et de mon côté, les 20 premières minutes que je passe à la maison après le travail lui sont exclusivement consacrées. Nous avons remarqué que depuis que l’on a instauré ce rituel, elle est beaucoup plus joyeuse le soir.

Le fait de jouer avec l’enfant remplit son réservoir affectif.
En jouant, un attachement se forme.
L’enfant se sent alors plus en confiance.
Et par conséquent, la personne jouant avec lui devient petit à petit une figure d’attachement.

Plus la figure d’attachement nourrit ce lien, plus elle remplit le réservoir affectif de l’enfant, plus il va pouvoir développer ses compétences émotionnelles, sociales et intellectuelles et plus son cerveau va se développer.

Lorsque son réservoir n’est pas rempli, l’enfant le ressent. Inconsciemment il va vouloir rester auprès de sa figure d’attachement principale pour le remplir.
C’est ce qui peut expliquer que parfois, il ne veuille pas dormir et veuille rester auprès de vous.
Il est alors utile de passer un moment supplémentaire auprès de lui, en lui lisant une histoire par exemple, pour “faire le plein” 🙂

Bébé détendu

Bébé entrain de remplir son réservoir affectif
(Photo de Chiến Phạm sur Unsplash)

Le comportement de l’enfant avec la figure d’attachement

Si votre enfant préfère faire une crise en votre présence qu’avec sa nounou c’est parce que vous représentez la sécurité, la personne qui l’aimera toujours, à qui il peut exprimer son stress, sa peur, sa colère… en sachant qu’il ne sera pas rejeté. Alors qu’avec sa nounou, il n’en est pas sûr. Elle l’aime bien, elle est gentille avec lui, mais on ne sait jamais, peut-être que s’il fait quelque chose qu’elle n’apprécie pas elle ne sera plus aussi gentille.

Donc, lorsque votre enfant reste “sagement” avec la nounou toute la journée, c’est qu’en fait il n’est pas totalement sécurisé en sa présence, il est stressé et se tient à carreau.
Alors qu’avec vous, il peut se lâcher et se libérer de la tension accumulée au cours de la journée. Et plus il y a eu de tension, plus il aura besoin de se libérer.

Un jour que j’allais chercher Gabrielle chez sa nounou après le travail, elle jouait dehors avec les autres enfants. C’était assez rare, alors je suis resté un peu et nous avons joué.
Au moment de partir, elle ne voulait pas. Elle s’amusait à suivre un chien et ne voulait pas rentrer à la maison. Elle a refusé, crié et m’a repoussé. Pour moi c’était une situation courante mais la nounou a été très surprise, elle ne l’avait jamais vu avoir un tel comportement.
Tout ça pour dire que, bien qu’elle appréciait sa nounou, elle y été moins à l’aise qu’avec moi, son comportement était complètement différent. Elle mangeait de tout, s’endormait seule pour la sieste et ne s’opposait jamais. À la maison, c’était autre chose !

Un enfant ne peut montrer ses difficultés qu’à sa figure d’attachement principale. Avec toute autre personne, il osera moins se confier, son comportement sera plus en retenue.
Cette retenue provoque des tensions, du stress qui s’accumule tout au long de la journée.
En tant que mammifères, il ne peut pas se permettre de les laisser exploser sans être en sécurité. Imaginez qu’un mammouth l’entende !

Du coup, lorsque sa figure d’attachement apparaît, la personne qui l’aime inconditionnellement, il peut enfin se décharger de toutes les tensions accumulées.
Alors, il explose. Il va s’énerver pour “un rien”, transgresser les règles, refuser tout ce que vous proposez.
En fait, derrière ce comportement il vous parle, il vous dit “J’ai de la colère en moi, aide-moi, je ne sais pas quoi faire” ou “J’ai peur. Aide-moi, je ne sais pas quoi faire de cette peur
Bien sûr il est incapable de le formuler ainsi alors il s’énerve, crie, refuse…

Ce qui nous énerve et nous fait croire que nous sommes de mauvais parents est en fait tout l’inverse ! S’il agit comme cela c’est parce qu’il a confiance en vous, il sait que vous l’aimez inconditionnellement.

Les enfants “collant”

L’enfant a besoin de sa figure d’attachement principale, c’est à côté d’elle qu’il se sent en sécurité.

Voilà pourquoi certains enfants sont “collés à maman” dès qu’il y a du monde. En fait, ils ont besoin d’être rassurés, d’être sécurisés.
Cela n’en fera pas des enfants incapables de se débrouiller seuls. Au contraire.
Un jeune enfant dont les besoins d’attachements sont satisfaits aura assez confiance pour s’éloigner et aller explorer le monde.

Selon John Bowlby, une fois ce lien d’attachement intériorisé, il servirait de modèle à toutes les relations intimes et sociales du sujet.


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