interdiction

Pourquoi poser des règles et non des interdictions


Règles ou interdictions ? Cela peut sembler la même chose pour notre cerveau d’adulte mais pour l’enfant ces deux notions sont très différentes. Son comportement sera bien différent en fonction de la notion utilisée.
Voyons pourquoi dans cet article.

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Une interdiction donne envie d’être transgressée

La règle donne envie d’être suivi, l’interdiction transgressée.
Si vous dites à un enfant “Dessine sur ton cahier”, il va probablement le faire. Si par contre vous lui dites “Ne dessine pas sur la table”, la première chose qu’il aura envie de faire sera sûrement de dessiner sur la table. Ce n’est pas pour vous provoquer, c’est dans notre nature.

Comme nous les adultes, l’enfant n’aime pas se voir interdire quelque chose. Un interdit donne envie d’être transgressé. C’est normal, l’interdit est attirant, fascinant. L’enfant se demande pourquoi il n’a pas le droit d’ouvrir ce tiroir : quelque chose d’extraordinaire ou d’horrible s’y cache ? Ou pourquoi il n’a pas le droit de crier ?
Lorsqu’un interdit est posé, la question n’est pas de savoir s’il sera transgressé mais quand.
Ce qui est interdit est beaucoup plus attirant que ce qui est autorisé.

Oui mais alors comment empêcher certains comportements ?

Donner des permissions plutôt que des interdictions

L’enfant se focalise sur ce que nous lui disons, sur les mots que nous employons. Ces mots sont comme des objectifs pour lui. Ainsi en énonçant un interdit, par exemple “Il est interdit de courir sur le trottoir”, son attention est focalisée sur le comportement non désiré. Tôt ou tard il transgressera l’interdit sans même s’en rendre compte.
En énonçant une permission, “On marche sur le trottoir”, l’attention de l’enfant est concentrée sur le comportement souhaité. Son objectif est le même que le nôtre 🙂

Le petit enfant (18/24 mois) a en plus du mal à comprendre la négation et se concentre sur les mots clés. Lorsque vous lui dites “Ne cours pas sur le trottoir”, il comprend “Cours trottoir”. Il ne pense pas à vous désobéir mais au contraire il suit ce que vous lui dites.
Son cerveau est encore immature et n’arrive pas à se représenter mentalement la situation puis la négation de cette représentation. Simplifiez lui la tâche (et la vôtre !) en évitant la négation.

Un mot suffit

Les enfants, ne peuvent pas retenir plus de quelques règles en même temps (avant 8 ans, un enfant n’a pas la capacité de mémoriser plus de 5 règles) et seulement des règles très simples. Limitez vous à des règles très courtes comme “Dedans on marche, dehors vous pouvez courir”. Puis, car votre enfant est petit et que la règle lui sortira rapidement de la tête, rappelez lui d’un seul mot, par exemple ici : “Marche !”

Une simple question peut tout changer

Vous êtes entrain de manger, il est tard et vous êtes fatigué. Votre enfant tape bruyamment sur son assiette et vous n’avez envie que d’une seule chose c’est le silence (toute similarité avec une situation existante n’est pas fortuite 😀 )
Vous savez que criez ne fera qu’empirer les choses. Essayer de lancer une simple question : “Comment peux-tu faire pour que nous restions dans le silence ?”
Au seul énoncé de la question, votre enfant va mobiliser son cerveau frontal. Vous allez le voir se concentrer, observer et analyser la situation. Peut être même qu’il sortira une possibilité à laquelle vous n’aviez pas pensé !

Rappel pour formuler des “bonnes” règles

Pour être comprise et assimilée par le cerveau de l’enfant une règle doit être claire, courte et simple.
L’enfant doit la connaître à l’avance. Il ne faut pas qu’il l’apprenne au moment où il la transgresse.
Elle doit être cohérente et constante, bien qu’il puisse y avoir quelques adaptations. Par exemple un jour de fête l’heure du coucher pourra être retardée.
Enfin elle doit être assortie d’une conséquence logique ou naturelle. Par exemple : le matin nous partons à 8h30 chez nounou. Si tu traînes trop pour déjeuner et t’habiller tu n’auras pas le temps de jouer avant de partir, d’accord ?

Enfin, formuler la règle de manière positive afin que l’enfant ne se sente pas limité dans ses possibilité.
“Pour le goûter peux tu jouer manger 2 gâteaux” et non “Pas plus de 2 gâteaux pour le goûter”. La deuxième phrase, énoncée de façon négative, donne un sentiment de limite.

Apprenons à nos enfants à s’intégrer au monde en lui donnant des règles et non pas en imposant des interdits arbitraires. Les règles sécurisent contrairement aux interdits. Ne joue-t-on pas aux jeux en suivant les règles et non pas les interdits ?

Isabelle Filliozat parle également des règles et interdits dans son interview du 18 février 2016 sur France Inter

 

> Continuer la lecture avec l’article Comment obtenir la coopération de votre enfant

Pour aller plus loin sur le sujet des règles et des interdictions, je vous conseille la lecture du livre “J’ai tout essayé !” (Isabelle Filliozat & Anouk Dubois)


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2 comments

  • Nath

    Merci pour cet article, très intéressant et très clair! J’avais déja lu le livre de Filliozat, mais on oublie vite les bons conseils quand on a de vielles habitudes bien ancrées..merci pour ce rappel plein de bienveillance!

  • Helene

    Bonjour,

    Ce que vous dites est tres pertinent. Je le savais deja et avais l’impression de le mettre en place. Seulement je me rend compte que l’habitude est bien ancree. Encore hier en amenant mes deux aines (6 et 4 ans) chez le docteur je leur ai dit  » On va chez le docteur, alors on ne crie pas, on ne touche pas a tout, on ne saute pas et on est sage » !!!! Bref, zero pointé. Et resultat : ils ont touche a beacuoup de choses, saute un peu et parle assez fort…………. Bravo !

    Il faudrait reussir a reflechir avant chaque consigne que l’on dit a nos enfants. A force je suis sure que ca devindrait une habitude de « positiver » nos consignes mais pour le moment, j’ai encore besoin de faire une pause avant de parler pour etre sure de bien faire. Et meme quand j’ai l’impression de bien faire, c’est pas encore ca.

    Alors merci pour votre piqure de rappel qui me fait du bien et qui va m’aider a progresser dans la communication avec mes enfants.

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