Parler de la mort avec son enfant

Comment parler de la mort à son enfant : notre expérience avec Toupie

Depuis de nombreuses années nous avons un chat, Toupie. Un persan très doux et calme. Lorsque notre fille Gabrielle est née, elle a tout de suite était attiré par cet être qui bougeait à côté d’elle.
Au début elle lui tirait les poils puis à force de lui montrer comment la caresser elle a appris à ne pas lui faire mal. Elle nous aidait à lui donner à manger, à nettoyer sa litière et elle lui faisait même des câlins et lui disait au revoir avant de partir le matin. Elle l’aimait beaucoup.
Aussi lorsqu’elle est décédée il y a quelques jours et que je suis rentré en pleurs de chez le vétérinaire il a fallu lui expliquer que Toupie ne reviendrait plus.

Ayez toujours les notions clés de l'éducation positive avec vous pour ne plus jamais être perdu face aux réactions de votre enfant !

Grâce à ses 15 fiches pratiques vous apprendrez à sortir du rapport de force, résoudre les conflits, réagir aux colères, trouver des alternatives aux punitions... et bien d'autres choses !

Oui, je les veux !

ToupieNotre chat n’est pas parti soudainement (même si c’est toujours trop tôt) mais s’est affaibli petit à petit suite à une maladie. Gabrielle a ainsi vu qu’on l’emmenait régulièrement chez le “médecin des animaux”, elle m’aidait à lui donner ses médicaments et à la nourrir. On lui avait expliqué que Toupie était malade. Elle le répétait souvent “Toupie malade”.

Et dimanche voyant qu’elle ne se remettait pas mais au contraire qu’elle s’affaiblissait de plus en plus, j’ai emmené une dernière fois notre chat chez le vétérinaire. Avant de partir, Gabrielle a pu lui faire un dernier câlin.
En rentrant, on lui a expliqué que Toupie était très malade et faible et que pour ne plus qu’elle souffre le vétérinaire lui avait fait une piqûre pour qu’elle s’endorme pour toujours.
Sur le coup, elle n’a rien dit, elle nous a juste fait beaucoup de câlins. Elle nous a beaucoup observé aussi, intrigué par le fait qu’on pleure.

Depuis (c’était il y a quelques jours), Gabrielle dit régulièrement “Toupie partie, Toupie malade”. On lui explique alors que oui Toupie était très malade et qu’elle s’est endormie pour toujours.
Pour l’instant elle ne pose pas de questions, elle nous observe lorsque l’on pleure et court nous chercher des mouchoirs (trop mimi).
Mais elle a tout de même plus de mal à s’endormir qu’avant, on la sent plus grincheuse et un peu plus perturbée. Pendant plusieurs jours, la première chose qu’elle disait en se levant le matin était « Toupie partie ». Dans ces moments on reste à son écoute.
Elle a également reporté sa tristesse sur sa poupée préférée. Elle nous dit qu’elle est malade et « joue » à la soigner en lui donnant des médicaments.

Tous ces signes montrent qu’elle est en pleine phase de deuil et qu’elle est touchée par la perte de notre chat. Elle l’aimait beaucoup, il va falloir du temps pour accepter la situation.

Le deuil chez l’enfant et l’adulte

Le travail de deuil chez un enfant est différent de l’adulte.

L’adulte passe par 5 phases avant de surmonter le décès :

  1. Le déni
  2. La colère
  3. La négociation
  4. La tristesse
  5. L’acceptation

L’enfant compartimente et digère l’information petit à petit. Il est jeune et encore fragile, son inconscient le protège en lui donnant du temps pour intégrer l’annonce. Il n’est pas rare de voir un enfant repartir jouer juste après l’annonce du décès. Cela ne signifie pas qu’il n’a pas compris, au contraire. Il a bien saisi l’information mais il a besoin de temps pour l’intégrer. Il n’est pas nécessaire de la lui rabâcher jour après jour ou de vérifier qu’il a compris.

De lui même et à son rythme il reviendra en parler lorsqu’il s’en sentira capable. À nous à ce moment de savoir répondre à ses questions.
Et ce n’est pas plus mal que l’enfant ne nous inonde pas de questions tout de suite, ca nous permet à nous aussi d’avoir digéré le décès d’un proche 😉

Si vous avez également été confronté à la perte d’un être cher (personne ou animal) partagez votre expérience avec nous en laissant un commentaire.


Guide Accompagnez le développement de votre bébé étape par étape

Téléchargez gratuitement le guide

Accompagnez le développement de votre bébé étape par étape

  • Accompagnez le développement de votre enfant de la naissance à 18 mois en suivant les principes de l'éducation positive
  • Des idées de jeux adaptés à chaque âge
  • Nos meilleurs conseils pour chaque tranche d'âge (0-6, 6,12, 12-18)
  • Les 9 erreurs à éviter
Je le veux !

13 comments

  • Gaelle

    Notre chien est décédé fin septembre des suites d’une maladie.
    Il a fallu l’expliquer à notre fille de 4 ans 1/2 longuement et en délicatesse. Je lui ai dit que le vétérinaire a soigné .Pilou mais étant trop malade, le vétérinaire ne pouvait plus le guérir. Pilou a pris un médicament que le vétérinaire donne pour soulager et est doucement parti au ciel, sans aucun autre détail. Son unique inquiétude était comment Pilou pouvait boire et manger. Je lui ai dit que ce n’était pas un problème pour lui. Dans le ciel, on est bien, on est heureux, que tout va bien pour Pilou, que ce dernier était attendu par nos autres animaux disparus auparavant.
    Pourtant, le chagrin et la perte de Pilou a affecté toute la famille.
    La question de prendre un autre animal nous a trotté dans la tête Est ce trop tôt? N’avons nous l’impression de remplacer notre chien si vite? Il fallait que ce chagrin ( les larmes de tous) cesse.
    Nous avons pris la décision d’accueillir un autre chien complètement différent du précédent. L’arrivée de notre petite chienne nous a rendu le sourire à tous les 3, est nous permet de faire le deuil de Pilou de manière la plus paisible( sans le moindre soucis pour notre fille : sommeil, appétit…). D’ailleurs, les photos de Pilou sont exposées au salon, ce qui nous permet de les regarder et de repenser à tous les bons moments que nous avons vécus pendant 14 ans pour nous et 4 ans 1/2 pour la miss.

  • Claire

    Bonsoir,
    Ma cousine est décédée il y a bientôt 2 ans, notre grande avait 4 ans et demi à l’ époque (et j’étais enceinte du petit). La situation est particulière, notre fille était là quand j’ai appelé les urgences (nous étions sans nouvelle de ma cousine et nous n’avions pas les clés de son domicile) et elle nous a accompagné à plusieurs reprises dans la salle d’attente des soins intensifs.
    Bien sûr, elle m’a beaucoup vu pleurer, et souffrir.
    Nous avons énormément parlé et nous ne lui avons pas caché la réalité.
    Plusieurs fois, elle m’a promis de ne pas mourir avant moi et, très régulièrement, j’ai eu ce sentiment qu’elle me testait pour voir où j’en étais dans ma souffrance.
    Il y a encore quelques jours, elle m’a dit que je serai toujours sa maman, même quand je serai morte, et même quand elle sera morte. Je pense que c’est sa manière à elle de se rassurer. 🙂
    J’ espère que ce « petit » commentaire pourra peut-être faire avancer la réflexion de l’ un ou l’autre 😉
    Bonne soirée

    • Antoine

      Bonjour Claire,

      merci pour votre témoignage émouvant. Ça a du être une dure période.

      Bonne journée,
      Antoine

  • AurélieSuperliposés

    Bonjour,
    la mort est un sujet difficile à traiter avec nos enfants…Ici aussi Biscotto a deux ans et demi, il est en plein apprentissage du language (bilingue) et ne sais pas encore exprimer ses émotions. Nous avons eu à vivre l’expérience du décès de mon papi il y a quelques mois, j’ai essayé de ne pas pleurer devant lui mais il m a souvent vu les yeux rouges et je sais que ça l a perturbé… je ne lui ai rien dit car je ne savais pas quels mots utilisés et pour le moment il n a pas eu l occasion de voir que son pépé n est plus là car nous habitons loin
    j ai lu un bel article sur le sujet chez Marjolimaman, je me permet de le partager ici, je pense que cela pourra vous aidez aussi, on y parle de l importance du choix des mots et de la simple vérité, cela m a aidé à me préparer aux questions quand elles arriveront
    http://www.marjoliemaman.com/2016/02/11/le-renard-le-loup-et-le-pou/

  • Alice

    Merci beaucoup Chris pour ces pistes très utiles!

  • chris

    Bonjour,
    Mes enfants étant plus grands ils ont vécu la mort du chien pour les ainés, celle de leur arrière grand père et celle de leur grand-mère. Les questions sur notre propre mort et leur avenir sont venues. Voilà nos réponses : Oui nous allons mourir c’est normal tout ce qui est vivant meurt un jour (les animaux les plantes et les humains aussi). Mais la nature est bien faite et lorsque les parents ont l’âge de mourir les enfants sont adultes et capables de vivre sans leurs parents. Bien sûr au début on est triste mais les bons souvenirs que l’on garde des gens nous permettent de continuer à vivre et a être encore heureux. « oui mais si vous avez un accident ou que vous êtes malade? on sera trop petit et comment on fera?  » Si jamais on mourrait quand vous n’êtes pas encore des adultes pas d’inquiétude avec tous les gens de la famille qui vous aiment fort vous aurez toujours quelqu’un pour prendre soin de vous …. et là on fait la liste des grands parents, oncles….
    Et on fini par « Mais on n’est pas pressé, on a bien l’intention d’être là encore très longtemps !!! » et une petite séance chatouilles/calin. Voilà pour nous en espérant que vous y trouverez des pistes utiles.

  • Alice

    Merci pour cette réponse. Comme Gabrielle est plus âgée que notre fille, vous serez probablement confronté à cette question avant nous et un article sur votre retour d’expérience sera le bienvenue! En effet je m’interroge sur la façon de rassurer son enfant sur cette question mais sans lui mentir. Parce que même si personne ne le souhaite, il est malheureusement possible de mourir « jeune », mais je ne voudrai pas non plus sous prétexte de lui dire la vérité que mon enfant soit angoissé chaque jours à l’idée qu’on puisse mourir à tout instant! Bonne soirée à vous 3.

  • Alice

    Coucou Carole et Antoine,

    Peut-être que Gabrielle est trop jeune, mais est ce que du coup elle vous a questionné sur votre propre mort? A-t-telle exprimée une peur « si le chat peut mourir, alors vous aussi? ». Et si oui, comment avez vous fait pour la rassurer en restant honnête (et non pas une réponse du style non mais ne t’inquiète pas ça ne m’arrivera pas). Merci!

    • Antoine

      Bonjour Alice,
      cela fait 2 semaines aujourd’hui, Gabrielle continue de nous parler du chat tous les jours « Toupie malade », « Toupie vieille », « Toupie morte » mais elle n’a encore jamais fait le lien avec nous ou en tout cas elle ne nous l’a pas exprimé.
      Carole lui dit de temps en temps que Toupie était vieille et malade et que nous, nous sommes jeunes et en bonne santé, que nous n’allons pas mourir tout de suite.
      Nous ne sommes pas des experts non plus, c’est la première fois que nous sommes confronté à cette situation, tout retour d’expérience ou aide d’un expert est la bienvenue 🙂

  • chris

    Bonjour,
    Je suis éducatrice de jeunes enfants mais aussi maman de 4 grands enfants.Votre message me laisse perplexe. Attention à l’assimilation de la maladie et de la mort et à celle du sommeil et de la mort. Cela peut créer des angoisses. L’enfant doit bien faire la différence entre son rhume qui ne tue pas et son sommeil qui ne tue pas non plus. En disant à votre enfant que vous avez endormi le chat pour toujours vous risquez de déclencher des angoisses fasse au sommeil. Même si c’est plus difficile dire « le vétérinaire a été obligé de lui faire une piqure spéciale qui empêche de souffrir en tuant » aurait peut-être été mieux.
    Chacun fait ce qu’il peut dans de telles situations que nous avons tous à gérer un jour ou l’autre. Je dirais juste que les expressions » il ne se réveillera plus » ou » il est parti » sont ambigue pour les petits. La mort à un nom et il me semble important de la nommer ainsi même si c’est difficile pour nous.
    Bonne continuation

    • Antoine

      Bonjour Chris,

      effectivement, merci de la remarque, c’est une question que l’on s’est posé.
      Lui dire simplement comme vous le préconisez « le vétérinaire a été obligé de lui faire une piqûre spéciale qui empêche de souffrir en tuant » n’aurait pas été plus dure pour nous mais probablement moins compréhensible pour elle qui ne sait pas ce que le terme « tuer » ou « mort » signifie. Elle n’a que deux ans et n’a encore jamais été confronté à une telle situation. C’est un mot nouveau pour elle, il n’a pas encore de sens à ses yeux.
      Je n’ai pas retranscrit tout ce que l’on s’est dit ce jour là et depuis dans l’article. Bien sûr nous lui avons expliqué que notre chat était malade et faible et qu’il était mort. Que cela voulait dire qu’il ne reviendrait plus à la maison car il était « comme endormi », qu’il ne bougeait plus. Ce n’est pas facile de trouver les mots pour expliquer ce que mort signifie, surtout qu’elle n’a pas vu notre chat mort puisque cela s’est passé chez le vétérinaire.

      Dix jours après elle commence à peine à comprendre que notre chat ne reviendra pas et nous en parle tous les jours, cela la travaille. Elle exprime sa tristesse à travers ses poupées.

      Bonne journée,
      Carole & Antoine

Laisser un commentaire